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Studiare i totalitarismi europei

Prague propose d’étudier les régimes totalitaires au niveau européen
Par Zuzana Loubet del Bayle, Regard sur l’Est, 20/03/2009
La présidence tchèque de l’Union européenne propose aux 27 Etats membres de mettre en place une plate-forme européenne commune capable de coordonner l’étude des régimes totalitaires, notamment du régime communiste. L’ancien président tchèque Vaclav Havel a exprimé son soutien à ce projet: «Au XXe siècle, l’Europe a diffusé dans le monde deux systèmes politiques dont la réalisation pratique a eu des conséquences tragiques. C’est pourquoi j’estime qu’elle doit en tirer des leçons pour les transmettre aux générations futures».
Le vice-Premier ministre tchèque, Alexandre Vondra, l’eurodéputé Jana Hybaskova ainsi que l’Institut tchèque d’étude des régimes totalitaires sont à l’origine de cette initiative. Ils comptent profiter des débats à l’occasion du 20e anniversaire de la chute du communisme en Europe centrale et orientale pour rappeler au grand public les exactions et l’héritage de ces régimes.
Jana Hybaskova estime qu’à la différence des régimes fasciste et nazi, le travail de mémoire du communisme reste à faire. Par ce travail, Prague compte rendre hommage aux victimes des régimes communistes, considérant qu’elles n’ont pas encore été suffisamment dédommagées. Dans sa lettre adressée aux députés européens, Vaclav Havel partage leur point de vue: «Le communisme était un régime spécifique, car il concernait la société entière, chacun devenait à la fois sa victime et son complice. A la différence du nazisme où les agresseurs et les victimes étaient facilement identifiables, il était beaucoup plus insidieux”.
Au départ, la plate-forme devrait renforcer les contacts entre les instituts existants, qui étudient les régimes totalitaires dans les différents pays européens. Dans le cadre de cette coopération, on envisage la mise en place de projets internationaux ou d’un cadre juridique commun facilitant l’accès aux archives. Pour coordonner ces activités, un bureau pourrait être installé à Bruxelles ou même à Prague.
Les eurodéputés communistes tchèques se sentent directement concernés par ce projet: «Toutes ces tentatives d’imposer la même interprétation de l’histoire ont pour but de manipuler les gens», estime Miloslav Ransdorf. J.Hybaskova, elle, précise qu’il ne s’agit pas d’une initiative anti-communiste mais d’une tentative des Etats post-communistes de se réconcilier avec leur passé.
Fin mars, le Parlement européen va statuer sur la proposition tchèque. «Il s’agit d’un tournant historique, car cette question sera à l’ordre du jour pour la première fois depuis l’élargissement de l’UE en 2004», note Jana Hybaskova. A cette occasion, l’Institut d’étude des régimes totalitaires présentera également une nouvelle revue anglophone, qui s’intitule Derrière le rideau de fer. Elle a pour ambition de devenir une revue de référence dans le domaine, ouverte aux chercheurs de l’Europe entière.

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