Print This Post Print This Post

La sfida della povertà (e l’Europa)

Une Europe des exclusions ?
Écrit par Philippe Perchoc, La nouvelle Europe, 01-05-2009
Encore une fois, Bronislaw Geremek a eu raison. Lui qui avait consacré sa carrière universitaire à l’étude des pauvretés avait souligné que le chemin vers l’Europe unie ne pouvait s’affranchir de ce combat. En ces temps de crises, quel bilan de l’Europe des exclusions pouvons-nous faire ?
… L’Europe est montrée du doigt et les États tentent – avec difficultés – de montrer qu’ils sont les véritables protecteurs des citoyens : les gouvernements nationalisent les succès et européanisent les échecs. Et ils le font encore plus dans cette période difficile. Cette  fracture à l’approche des élections européennes est inquiétante.
Pourtant, ces évolutions récentes ne doivent pas occulter la persistance d’une exclusion par la pauvreté, par le handicap ou même par l’âge sur le continent européen. D’autant que le grand élargissement de 2004 dont nous fêtons les 5 ans a rendu le défi plus important encore. La solidarité européenne a aujourd’hui de multiples dimensions : entre les États d’une part et entre l’Europe et les citoyens de l’autre.
Entre les États, l’Europe semble manquer de solidarité : la crise a fait ressurgir l’idée “d’Europe de l’Est”, considérée comme un bloc instable et relativement paupérisé. Déjà les Européens avaient été frileux de réorienter tous les fonds de solidarité régionale vers les nouveaux entrants ; aujourd’hui, ils sont réticents à aider certains pays qui avaient bien appliqués leurs “recettes de croissance” et qui – par là – se retrouvent dans une situation très délicate comme la Lettonie ou la Hongrie.
Envers ses exclus, l’Europe manque de moyens : son budget ridicule ne lui permet aucune politique sociale. On peut considérer que l’action sociale doit être réservée à l’échelon national ou régional. Néanmoins, cette répartition laisse à penser que l’Europe n’est jamais du côté des exclus. Or, l’Europe pourrait endosser certaines missions de la lutte contre l’exclusion, et pas seulement par une action réglementaire. Bronislaw Geremek l’avait d’ailleurs souligné avec vigueur en 2007 :
“L’Europe est sociale. Le trait particulier de l’intégration européenne est qu’elle est fondée sur le principe de concurrence d’une part et de la solidarité et de la justice sociale de l’autre. Sans déclarer la disparition des inégalités sociales, elle cherche à les gérer de façon juste en assurant l’égalité des chances. […] Le progrès de l’union politique et de la gouvernance communautaire permettra d’avancer sur cette voie et, en particulier, d’harmoniser le minimum social à l’échelle européenne” (Visions d’Europe, p.23).
Pour que l’Europe puisse regagner de la crédibilité, il faut que – comme toute communauté politique – elle puisse marcher sur ses deux pieds, l’un économique et l’autre social. Une action décisive passe forcément par un engagement financier volontaire dans le prochain budget européen qui sera bientôt négocié. Espérons que la voix de Geremek, l’auteur de “La potence ou la pitié. L’Europe et la pauvreté du Moyen-Age à nos jours” trouvera des Européens engagés pour reprendre le flambeau.

Lascia un comento

 

 

 

Puoi usare questi tag

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>