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Critichi Stalin? Ti processo

À Moscou, la critique de Staline vaut un procès
De notre correspondant à Moscou, Pierre Avril, (Avec Régis Genté à Tbilissi), Le Figaro
07/10/2009
Le journal «Novaya Gazeta» est traduit en justice pour avoir traité le dictateur de criminel. Selon une enquête de l’institut Levada, 50 % des Russes reconnaissent les mérites de Staline, qui représente le symbole d’un État fort.
En Russie, la critique de Staline reste difficile à manier. Le journal Novaya Gazeta, réputé pour ses articles acerbes contre le pouvoir en place, l’apprend une nouvelle fois à ses dépens.
Cette publication trihebdomadaire se trouve jeudi devant la barre du tribunal de Moscou, assigné par le propre petit-fils du dictateur. Ce dernier reproche au journal d’avoir, sous la plume d’Anatoli Iablokov, dépeint son grand-père sous les traits d’un pur criminel. «Staline et les tchékistes (la police secrète, NDLR) sont liés à des effusions de sang et à des crimes graves, perpétrés tout d’abord contre leur propre peuple», écrivait récemment cet historien dans les colonnes de Novaya Gazeta.
Il rappelle que le leader soviétique avait personnellement signé l’ordre de faire massacrer, en 1940, plusieurs milliers d’officiers polonais dans la forêt de Katyn. Ces militaires avaient été capturés par l’Armée rouge après que celle-ci, en vertu du pacte Molotov-Ribbentrop, eut envahi, en septembre 1939, l’est de la Pologne. Il a fallu attendre 1990 pour que Mikhaïl Gorbatchev reconnaisse l’entière responsabilité de son pays dans cette tragédie. Depuis, Vladimir Poutine s’est distancié de ces actes de contrition.
«Ce sont les nazis qui ont commis le massacre de Katyn», affirme pour sa part l’arrière-petit-fils de Staline, Yakov Djougachvili, reprenant ainsi les thèses véhiculées du temps de l’URSS. Son père, qui a aujourd’hui 73 ans, réclame la publication d’un démenti dans Novaya Gazeta ainsi que 10 millions de roubles de dommages et intérêts (220 millions d’euros).
Le symbole d’un État fort — Chacune des deux parties compte utiliser ce procès – qui devrait durer plusieurs mois – comme une tribune. Le plaignant l’assimile à une «bataille dans la guerre visant à réhabiliter» son aïeul. Selon une enquête de l’institut Levada, 50 % des Russes reconnaissent les mérites de Staline, qui représente le symbole d’un État fort. Récemment, une station de métro moscovite a été rénovée, remettant en valeur ces mots, progressivement effacés par le temps : «Staline nous a élevés à la loyauté envers la nation»…
Le journal, en revanche, souhaite largement dénoncer l’ampleur des crimes staliniens. «Je pense que nous gagnerons», affirme sa porte-parole, Nadjejda Proussenkova. Novaya Gazeta entend faire citer à la barre Mikhaïl Gorbatchev et le cinéaste polonais Andrzej Wajda, auteur d’un film récent sur Katyn. Par ricochet, le journal espère écorner l’image de sa bête noire, Vladimir Poutine. Selon ses opposants, le pouvoir du premier ministre russe s’appuierait sur les mêmes ressorts que le stalinisme.

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