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Polonia: prime analisi dopo il dramma nazionale

Analyse. Pologne : la politique à l’épreuve de l’exaltation nationale
par Piotr Smolar, LE MONDE | 27.04.10
– des enseignements plus riches, sur le long terme. L’Etat polonais n’a pas vacillé face à ce drame ; les institutions ont fonctionné ; la Constitution a été appliquée.
– le crime de Katyn ne sera plus jamais tu ou travesti en mensonge. L’accident d’avion a accordé une nouvelle vie aux officiers assassinés en 1940 : dans la mémoire collective.
– les relations polono-russes ont vécu un tournant historique. On l’a vu dans l’empathie politique exceptionnelle de Moscou. La Russie a une chance d’éteindre, ou au moins de réduire, l’hostilité du plus grand pays d’Europe orientale ; ce serait un pas stratégique dans ses rapports avec l’UE.
– L’émotion qui a saisi la Pologne a été une réponse à l’ampleur du drame…
– Cette émotion a eu un prix : la mise en sommeil du débat public. Ce n’était pas le moment, disaient journalistes et responsables politiques : on ne parle des morts qu’en bien ou pas du tout. Il fallait attendre la fin du deuil officiel. Il n’y eut donc quasiment aucun débat sur la transformation de Lech Kaczynski en une icône, un héraut de l’indépendance nationale, lui qui a divisé la Pologne comme aucun de ses prédécesseurs depuis vingt ans… Une autocensure puissante a régné dans les rédactions. Les mêmes médias qui, ces dernières années, avaient vigoureusement attaqué le PiS et les frères Kaczynski, ont gommé les aspérités du président défunt, l’embaumant tel un pharaon… personne, ou presque, ne s’est élevé contre la sanctification du président par la droite conservatrice catholique. Si lui, “mort en héros” selon le mot de l’archevêque de Cracovie, méritait de reposer en Wawel, qu’en sera-t-il de Lech Walesa ou même de Tadeusz Mazowiecki, premier chef de gouvernement de la Pologne libre ?
– passé et présent n’ont fait qu’un dans les cérémonies : le crime de Katyn en 1940 et l’accident d’avion. D’un trait, les deux événements ont été reliés sur le tableau de la martyrologie patriotique. Avec le point d’orgue qui a choqué une partie de l’opinion publique : l’enterrement du couple présidentiel dans la cathédrale de Wawel, à Cracovie, près des rois et du maréchal Pilsudski, père de l’indépendance en 1918.
– Les médias, eux, ont mis en scène jusqu’à saturation le deuil national, dont ils ont fini par devenir les premiers acteurs… l’exaltation fascinante… cette séquence d’exaltation nationale. Notons que la foule fut bien moins imposante qu’on ne l’escomptait, à Varsovie et à Cracovie, au cours du week-end de l’enterrement.
– L’Eglise, enfin, s’est érigée en régisseur unique des cérémonies et en partenaire du PiS. Au cours des messes officielles, les cardinaux ont vanté l’unité familiale ou le patriotisme, rappelant leur rôle central dans le débat polonais,
– L’élection présidentielle du 20 juin: … Les clivages vont réapparaître, même si personne ne peut prédire la tonalité des débats, le degré d’agressivité. Un des sujets polémiques sera l’enquête sur l’accident lui-même, et l’éventuelle responsabilité du président défunt ou de son entourage.
– le PIS: transformer l’atmosphère inouïe de ferveur et de deuil national, qui a soulevé la Pologne juste après le crash, en capital politique… cette sémantique sacrificielle, empreinte de chrétienté.

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